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Comment utiliser l’IA pour débunker les fake news ?

5min
20.01.2026

En moyenne, 7 Français sur 10 disent avoir déjà été exposés à une fake news en ligne. Un post Instagram au ton alarmant, une vidéo TikTok qui fait le buzz, un article relayé sur Facebook par un collègue… L’information circule à toute vitesse et il est parfois difficile de savoir si elle est vraie ou totalement inventée.

Alors, que faire quand on a un doute ? Faut-il partager au risque d’amplifier la rumeur ? Comment répondre poliment à un proche qui nous envoie un contenu manifestement faux sans entrer dans le conflit ? Et surtout : comment vérifier rapidement et efficacement une information ?

Bonne nouvelle : aujourd’hui, certaines intelligences artificielles peuvent nous aider à y voir plus clair. Utilisées correctement, ces solutions deviennent de véritables alliées pour aiguiser notre esprit critique.

C’est le cas de Vera, une IA conçue pour vérifier les faits et donner accès à des sources fiables. Et comme chez Numérique Éthique, on aime l’information (la vraie !), on est allés poser toutes nos questions directement à son co-fondateur : Florian Gauthier. Spoiler : ses réponses risquent de vous surprendre !

Les fake news, un défi numérique au quotidien

Qu’est-ce qu’une fake news ?

Une fake news est une information fausse, trompeuse ou volontairement manipulée, diffusée dans le but de désinformer, de provoquer une réaction émotionnelle ou d’influencer une opinion. Elle peut prendre des formes très variées : titre sensationnaliste, montage vidéo, fausse citation, image sortie de son contexte ou encore article imitant le ton des médias traditionnels…

Contrairement à une simple erreur journalistique, la fake news joue souvent sur l’émotion (peur, colère, indignation) pour inciter au partage rapide, sans vérification.

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Comment lutter contre les fake news et adopter de bonnes pratiques ?

Introduction

Dans une société où internet a multiplié les moyens de communication et d’information, chaque citoyen doit être en mesure de se forger une opinion éclairée. La maîtrise d’une culture hybride, mêlant le fonctionnement de la presse à celui du numérique, est alors essentielle. Avec à la clé, la capacité à se protéger contre les infox, ces fausses nouvelles qui prospèrent sur internet, et aboutissent à créer une véritable fracture de l’information parmi la population.

Etape 1 : s’informer sur… les origines de la désinformation sur internet

Ah, les “fake news” (fausses informations) ou “infox” ! Vous avez sûrement l’impression d’en avoir largement entendu parler. Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient de prendre un peu de recul et de faire l’état des lieux des pratiques des Français en matière d’information… Nous vous proposons ici de partir en quête des origines de la désinformation qui semble toucher, via le web et les réseaux sociaux, un nombre conséquent de personnes !

Etat des lieux : comment les Français s’informent-ils à l’ère numérique ?

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60min
11.10.2020
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Fiche pratique

Comment identifier une fake news ?

“Fake news” est un anglicisme désignant une fausse nouvelle, une information bidon. On l’appelle aussi “infox” ou “information fallacieuse”. Souvent diffusées sur Internet - ou parfois en utilisant d’autres médias - elles sont généralement créées pour influencer l’opinion politique des internautes ou simplement pour leur faire des blagues. La particularité des fake news ? C’est de sembler vraie. Avec l’usage généralisé des réseaux sociaux et la multiplication des sites d’information, certaines actualités sensationnelles sont reprises par des milliers de personnes, sans pour autant que l’information n’ait été vérifiée. C’est pourquoi il est important de savoir débusquer les fausses nouvelles pour ne pas se laisser piéger ! Voici quelques règles à suivre.

Soyez attentif aux titres et aux messages qui accompagnent un contenu

Pour interpeller un maximum de lecteurs, les fausses informations adoptent souvent des titres racoleurs et accrocheurs. S’il est écrit en majuscules ou contient des points d’exclamation, il peut s’agir d’une fausse actualité. De plus, certains messages tels que « Faites tourner », « Diffusez à tous vos contacts » ou encore « Les médias n’en parlent pas » peuvent alerter.

Vérifiez la crédibilité du site

S’agit-il d’un site d’information reconnu ? Une simple recherche sur Internet peut suffire pour vous renseigner sur la ligne éditoriale et la réputation du site en question. Vérifiez également l’URL : il arrive que certains sites frauduleux imitent l’adresse de véritables médias.

Remontez à la source

Qui a pris la photo/vidéo ? Quand ? Comment ? Où ? Autant de questions nécessaires pour tracer la source d’un contenu. Si le contexte semble vague, ou que les personnes citées ne sont pas précisément identifiées, cela doit éveiller la méfiance. Attention également aux témoins indirects, qui n’ont pas assisté à l’événement.

Regarder les commentaires sous la publication d’un contenu pour en ressortir les réactions majoritaires…

Mais attention, en aucun cas cela ne constitue une preuve. De la même façon, un nombre élevé de partages et de vues sur une publication ne constitue pas un gage de fiabilité d’une information.

Décryptez les images et les vidéos

Grâce à certains outils informatiques, il est désormais aisé de vérifier la provenance d’une photo ou d’une vidéo. Des annuaires inversés d’images et de vidéos existent pour confronter votre contenu à des contenus ressemblants et vous aider à tracer la source réelle de l’information. Avec Google Images ou Tineye, il suffit de glisser la photo pour connaître sa source. En un clic, l’outil peut retrouver la photo originale. Il est ainsi possible de connaître la date de sa publication, et de découvrir si elle a été retouchée. Quant à l’authenticité des vidéos, elle peut être vérifiée grâce à YouTube DataViewer, un site mis en ligne par Amnesty International qui permet de savoir quand, et par qui une vidéo a été publiée.

Consultez d’autres articles sur le même sujet

Une simple recherche peut prouver l’authenticité d’une information. En général, si d’autres sites évoquent cette actualité, en citant les mêmes sources, il est probable qu’elle soit vraie.

En revanche, si aucun média de référence, francophone ou étranger, ne la mentionne, il peut s’agir dans ce cas d’une fake news.

5min
05.09.2020
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Pourquoi circulent-elles autant sur les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux favorisent la viralité des contenus courts, choquants ou spectaculaires. Les algorithmes mettent ainsi en avant ce qui génère de l’engagement, pas nécessairement ce qui est vrai. Résultat : une information fausse mais percutante peut se propager beaucoup plus vite qu’un démenti factuel.

À cela s’ajoutent nos propres biais cognitifs : nous avons tendance à croire et partager plus facilement une information qui confirme ce que nous pensons déjà.

Comme le souligne Florian Gauthier,

“Le plus dangereux, c’est que l’on perde le réflexe de se demander : est-ce que c’est vrai ou est-ce que ce n’est pas vrai ?”.

Avec l’émergence d’outils toujours plus réalistes, de vidéos générées par IA, de voix synthétiques, d’images truquées, il devient de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux. Face à cette complexité, une forme de résignation peut même s’installer.

Or, partager une fake news n’est jamais anodin. Cela peut alimenter la défiance envers les médias, les institutions ou la science, renforcer les théories complotistes et parfois même mettre en danger la santé ou la sécurité des personnes. Comme le rappelle Florian Gauthier, même lorsqu’une fake news est démentie ou supprimée, elle ne disparaît pas totalement de nos esprits. Le véritable enjeu est donc de préserver, et de réactiver, notre réflexe de vérification.

L’IA au service de la vérification des informations

Attention, toutes les IA ne se valent pas face aux fake news !

Les IA généralistes (ChatGPT, Gemini, Mistral…) n’ont pas été conçues pour vérifier l’information. Leur objectif est de produire des réponses cohérentes à partir de données très larges, souvent non triées. Comme l’explique Florian Gauthier :

"On ne peut pas enlever aux LLM, donc aux IA conversationnelles, cette faculté qu’ils ont à être toujours empathiques, respectueux de l’opinion, inépuisables dans l’argumentaire… La conversation peut être hyper efficace pour déconstruire des arguments, à condition qu’ils soient mainstream. Par contre, si on pose une question sur une information tout juste publiée, ou une question où il y a énormément de ressources qui ne sont pas spécialement vraies, là, on prend un gros risque…”

Pourquoi s’appuyer sur une IA ?

Les IA dédiées au fact-checking s’appuient sur plusieurs leviers :

  • Analyse linguistique : détection des formulations alarmistes ou émotionnelles.
  • Vérification des sources : croisement avec des médias, institutions et données fiables.
  • Analyse d’images et de vidéos : repérage de montages, de contenus sortis de leur contexte ou générés artificiellement.
  • Mise en contexte : rappel des faits et de la chronologie. L’objectif ? Aider les utilisateurs à retrouver leur réflexe de vérification, sans se fier uniquement à l’intuition !

Vera : une IA conçue pour vérifier l’information, différente des IA génératives classiques

Vera est une IA spécialisée dans la vérification de l’information. Elle s’appuie sur plus de 400 sources fiables, sélectionnées selon des standards reconnus d’impartialité, de neutralité et de sérieux éditorial. Ces sources respectent notamment :

L’IFCN (International Fact-Checking Network) : un réseau international qui fixe des règles strictes en matière d’indépendance, de transparence des sources, de méthodologie et de correction des erreurs

L’EFCSN (European Fact-Checking Standards Network) : un réseau européen qui définit des standards communs de qualité et d’éthique pour le fact-checking

Le JTI (Journalism Trust Initiative), une norme portée par Reporters sans frontières visant à renforcer la confiance dans l’information

Lorsqu’un utilisateur pose une question (précisons d’ailleurs que son anonymat est toujours respecté), Vera interroge en temps réel cette base de sources. Elle récupère alors les informations pertinentes, puis utilise un modèle de langage uniquement pour analyser, synthétiser et reformuler ces contenus, sans jamais aller chercher ailleurs. La réponse générée s’appuie donc exclusivement sur ces sources, d’ailleurs, systématiquement citées.

Si aucune information fiable ou suffisamment récente n’est trouvée, Vera préfère répondre qu’elle ne sait pas. Enfin, ses réponses sont régulièrement évaluées par des experts humains afin d’identifier les erreurs, enrichir les sources et améliorer en continu la qualité du fact-checking.

Vera se veut accessible et peut être utilisée via WhatsApp, Instagram, par téléphone ou appel vocal. L’outil est gratuit et a été conçu par un collectif bénévole, l’ONG La Réponse Tech.

Chez Numérique Éthique, vous vous en doutez, nous avons souhaité tester cette IA ! Voici par exemple ce que nous avons trouvé avec cette question, posée le 12 décembre 2025 : “Est-ce vrai que le premier ministre a démissionné hier soir?”.

Test Vera ministre

Et même sur des questions volontairement farfelues, nous n’avons pas réussi à faire halluciner Vera ! Là où d’autres outils peuvent facilement aller dans notre sens, voire nous dire ce que l’on a envie d’entendre, Vera s’arrête net lorsqu’aucune information fiable n’existe.

Sur des questions sensibles, Vera s’en tient aux faits vérifiés, là où ChatGPT a tendance à prendre le parti de l’utilisateur dans son analyse.

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Test Chat GPT

Bonnes pratiques pour utiliser l’IA de façon responsable

Quelle que soit l’intelligence artificielle utilisée, aucun outil ne remplace le discernement humain. Les IA peuvent faciliter l’accès à l’information, mais elles ne sont ni infaillibles ni neutres par nature. Pour éviter les erreurs, les biais ou la diffusion involontaire de fausses informations, il est essentiel d’adopter des bonnes pratiques communes :

  • Toujours croiser les informations avant d’y accorder du crédit.
  • Ne pas partager une information sans l’avoir vérifiée.
  • Privilégier les contenus qui citent clairement leurs sources - et aller les consulter pour vérifier leur crédibilité !
  • Accepter qu’une IA puisse répondre « je ne sais pas ».
  • Garder un esprit critique, même face à une réponse bien formulée.
  • Se méfier des contenus qui jouent sur l’émotion.

Face à la multiplication des fake news, l’IA peut devenir une véritable alliée, à condition d’être pensée pour informer et non pour séduire. Avec Vera, Florian Gauthier et son équipe souhaitent continuer à développer un outil de fact-checking accessible à tous, renforcer son utilité à l’approche des échéances électorales, étendre sa présence sur des plateformes comme TikTok et impliquer davantage les utilisateurs grâce à des retours anonymes.

Avec une ambition claire, que nous soutenons chez Numérique Éthique : mettre la technologie au service d’une information plus fiable et plus responsable !

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