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Le greenwashing : comment s’en protéger ?

5min
12.01.2022

Alors que la crise écologique menace de plus en plus la biodiversité mondiale, ainsi que la survie même de l’espèce humaine, de nombreuses entreprises ont fait le choix de s’engager dans une démarche plus responsable. Si leurs initiatives sont louables, il ne faut pas tomber dans la naïveté : certaines entreprises ne passent pas vraiment à l’action, mais font tout ce qu’elles peuvent pour vous le faire croire. Que ce soit pour se donner “bonne conscience” ou pour séduire de nouveaux consommateurs, de nombreuses entreprises jouent avec les codes de l’écologie et son vocabulaire. C’est ce qu’on appelle le greenwashing.

Qu’est ce que le greenwashing ?

Le greenwashing, ou “écoblanchiment” dans la langue de Molière, est une stratégie commerciale et marketing qui a pour objectif de faire croire qu’une entreprise met en œuvre une vraie politique écoresponsable. Le principe même du greenwashing consiste à avancer des arguments écologiques afin de faire rayonner une marque et surtout, de convaincre le grand public que l’entreprise s’engage en faveur de l’environnement. Il s’agit d’une pratique mensongère, relevant plus d’une action publicitaire qu’écologique.

Le terme n’est pas récent, il est apparu dans les années 1990 lorsque des ONG ont commencé à dénoncer les pratiques de certaines entreprises. Le terme est devenu très populaire à partir des années 2010 et il est aujourd’hui pratiquement rentré dans le langage courant. L’ADEME a publié un guide très complet sur le greenwashing : sa lecture est passionnante et permet d’ouvrir les yeux sur ce phénomène, parfois méconnu du grand public.

Certains secteurs seraient particulièrement concernés par ces pratiques douteuses : la cosmétique, l’automobile, l’habillement et l’agroalimentaire.

Comment identifier le greenwashing ?

Plus les consommateurs apprennent à reconnaître le greenwashing, plus les entreprises qui le pratiquent adoptent des stratégies retorses pour ne pas se faire prendre la main dans le sac. Voici plusieurs conseils pour vous aider à mieux identifier le greenwashing :

Regarder la composition du produit

Une abondance de mentions “sans” sur le packaging doit vous mettre la puce à l’oreille, car l’objectif est souvent de détourner son attention des ingrédients problématiques. Aujourd’hui, certaines applications comme Yuka permettent d’identifier immédiatement les produits problématiques que le fabricant ne veut pas montrer. L’application fonctionne pour les produits tant alimentaires que cosmétiques, alors pourquoi se priver ?

Ne pas avoir une confiance aveugle dans les labels écologiques

Il existe de nombreux labels, certains sont le fruit de discussions internationales ou nationales, de concertations entre de nombreux acteurs engagés, etc. Ils sont présents dans de nombreux secteurs, y compris celui de la tech. Mais il en existe d’autres, créés par des marques et qui n’ont donc aucune valeur juridique et se fondent sur de simples déclarations sans vérification externe. Il faut également faire attention à certaines icônes qui peuvent se confondre avec des labels officiels !

Ne pas croire qu’un emballage vert garantit un produit responsable

Si le vert est la couleur des partis écologiques dans le monde entier, et que le vert inspire confiance, c’est justement pour cela qu’il faut s’en méfier ! La couleur verte est souvent employée pour donner l’illusion d’un produit respectueux de l’environnement.

Faire attention aux termes employés

L’image et la couleur ne sont pas les seuls éléments sur lesquels une entreprise peut jouer pour tromper le consommateur : les mots sont aussi importants ! Ainsi, les termes “naturel”, “green”, “écologique”, “responsable” ou “écoresponsable” doivent vous alerter ! Évidemment, des marques faisant de vrais efforts utilisent également ces termes. Ce dont il faut vous méfier, c’est d’un usage abusif, sans chiffres ou faits avérés pour les confirmer.

Le greenwashing est-il inévitable ?

Si le greenwashing est une pratique malheureusement fréquente, elle n’est absolument pas inévitable ! Tout d’abord, il y a plus de réglementations qu’il y a 30 ans ce qui oblige les entreprises à prendre de vraies mesures en faveur de l’environnement. Les chartes et labels éco-responsables contribuent en ce sens à guider et contraindre les entreprises qui décident de s’en prévaloir. Et il ne faut pas oublier qu’il y a de plus en plus d’entreprises qui mettent en œuvre de vraies politiques RSE ! Pour qu’une entreprise puisse faire valoir son engagement écologique, elle doit se référer à une certification normée et reconnue à l’international. Norme “ISO 14001”, norme “ISO 9001” ou encore “26000”, nombreuses sont les certifications qui permettent aux entreprises d’appliquer des mesures efficaces et mesurables.

Mais le plus pertinent pour évaluer les effets de la politique environnementale d’une entreprise réside souvent dans son bilan carbone. Le bilan carbone est une méthode de collecte et d’analyse de données qui permet d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre générées par une entreprise en fonction de ses activités, et donc son impact sur le réchauffement climatique. Si seules certaines entreprises sont obligées d’en produire, celles qui veulent mettre en avant leurs engagements peuvent le faire de manière proactive, ce qui leur permet de bien se différencier des concurrents peu scrupuleux.

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